Gabriel Peri est né à Toulon le 9 février 1902, son père occupe d'importantes fonctions à la Chambre de commerce de Marseille. Gabriel fait ses études au lycée Périer puis au lycée Thiers à Marseille,
Lorsque éclate la première guerre mondiale, il n'a que douze ans et demi et déjà en 1915 il propose à ses camarades de classe de fonder un journal du lycée qu'on vendra au profit des soldats blessés et qui s'intitule "Le Diable bleu". Le premier article qu'il écrit est consacré à Jean Jaurès. Peu après, les jeunes journalistes remettaient au proviseur du lycée la somme de soixante francs.
L'influence de la guerre et, à partir de 1917, de la révolution russe, seront importantes, beaucoup plus que l'environnement familial. Sa mère, très pieuse, avait veillé avec un soin jaloux à son éducation religieuse ; il avait d'ailleurs un oncle archiprêtre à Toulon.
C'est en étudiant la philosophie, que Peri cherche au-delà du manuel classique, des explications dans la lecture du Manifeste Communiste de Marx et des commentaires du Capital. Le socialisme lui apparait alors non plus comme un groupement semblable à d'autres, mais comme le formidable rassemblement d'hommes commis à rénover l'humanité...
Dès 1917 (il a 15 ans), Gabriel Peri adhère aux Jeunesses Socialistes dont il devient le secrétaire. Les J. S. n'étaient pas très nombreuses à Marseille mais constituaient un noyau actif. Après le baccalauréat, Gabriel Peri a renoncé à préparer l'Ecole normale supérieure, il milite beaucoup et, à l'enthousiasme des défilés du 1er Mai 1919 et de la campagne pour les élections législatives d'automne 1919 auxquels il participe, succèdent à l'échec des grèves de 1920. Il est déçu devant les hésitations et la pusillanimité du mouvement socialiste. Peri et les J .S. de Marseille passent en bloc au nouveau parti communiste.
Une fois secrétaire régional de ce mouvement, il est en contact avec Paris et adresse à "L'Avant- Garde" des articles qui sont parfois reproduits dans L'Humanité. Son nom est mis en avant à propos d'un soi-disant "complot bolchevik" qui fait alors la une de la presse et il est emprisonné. Libéré, il milite plus que jamais et devient un dirigeant national, un " permanent " du parti, secrétaire de la Fédération Nationale des Jeunesses communistes et directeur de "L'Avant-Garde". C'est alors qu'il s'installe à Paris . En octobre 1924 (il n'a que 22 ans), lorsqu'il est chef du service de la politique étrangère à "L'Humanité", fonction qu'il exercera jusqu'au 25 août 1939 et qui exigera de sa part de fréquentes missions dans le monde entier.
Les temps ont bien changé, la croyance en une révolution mondiale imminente s'est estompée; le monde capitaliste est bien en crise mais l'URSS stalinienne se replie sur elle-même, Au sein du Parti Communiste Français, l'heure n'est plus au Front unique mais à la doctrine "classe contre classe ", y compris contre "les social-traitres, les sociaux-fascistes, le socialisme avarié " : pour reprendre les slogans de l'époque. C'est dans ce contexte de ligne dure que Gabriel Peri est entré dans l'arène de la politique électorale il est par deux fois battu aux législatives dans le Var (en 1928) et dans les Bouches-du- Rhône (1930). En 1932, candidat du Parti dans la première circonscription de Versailles (Argenteuil), il est enfin élu et sera réélu en 1936 avec une avance plus confortable. Durant toute cette période il continue à écrire dans "L'Humanité" et il prend souvent la parole à la Chambre des députés pour défendre les thèses communistes, pourfendant le nazisme, faisant l'éloge de l'Union Soviétique, condamnant la non-intervention en Espagne et, plus tard, blâmant les accords de Munich qu'il considère comme une capitulation qui risque d'être le départ d'un grand affrontement.
Ebranlé dans ses convictions au moment de la signature du pacte germano-soviétique, il demeure néanmoins dans la ligne du Parti.
Déchu de son mandat le 21 janvier 1940, il agit dans la clandestinité et est condamné par contumace en même temps que d'autres camarades pour reconstitution de parti interdit. En mai 1941, il est arrêté par les Allemands et, porté sur une liste d'otages, il est fusillé le 15 décembre après avoir refusé de signer une déclaration condamnant les " actes de terrorisme " |