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 Histoire (le 31/03/2007 à 13h35)

Missak Manouchian est né le ler septembre 1906 dans une famille de paysans arméniens du petit village d'Adyaman, en Turquie. Il a huit ans lorsque son père trouvera la mort au cours d'un massacre par des militaires turcs. Sa mère mourra de maladie, aggravée par la famine qui frappait la population arménienne.
Agé de neuf ans, témoin des atrocités du génocide des Arméniens perpétré par la Turquie, Missak Manouchian en restera marqué pour la vie. De nature renfermée, il deviendra encore plus taciturne ce qui le conduira, vers l'âge de douze ou treize ans, à exprimer ses états d'âme en vers : "Un charmant petit enfant /A songé toute une nuit durant/ Qu'il fera à l'aube pourpre et douce / Des bouquets de roses".
Recueilli comme des centaines d'autres orphelins par une institution chrétienne après avoir été hébergé dans une famille kurde, Missak gardera toujours le souvenir du martyre arménien mais aussi de la gentillesse des familles kurdes, ce qui le rapprochera, 25 ans plus tard, de ses camarades juifs de la résistance en France, eux-mêmes confrontés au génocide de leur peuple.
Arrivé en 1924 avec son jeune frère à Marseille, Missak apprendra la menuiserie et s'adonnera à des métiers de circonstance. Il consacrera les journées de chômage aux études, fréquentant les "universités ouvrières" créées par les syndicats ouvriers (CGT).
En 1934, il adhère au Parti communiste et intègre le groupe arménien de la MOI (Main d'Œuvre immigré). Il fonde successivement deux revues littéraires, Tchank (Effort) puis Machagouyt (Culture). Dès 1937, on le trouvera en même temps à la tête du Comité de secours à l'Arménie, et rédacteur de son journal, Zangou (nom d'un fleuve en Arménie).
Après la défaite de 1940, il redevient ouvrier puis responsable de la section arménienne de la MOI clandestine. En 1943, il est versé dans les FTP de la MOI parisienne dont il prend la direction militaire en août, sous le commandement de Joseph Epstein. Missak dirige donc ce réseau de 22 hommes et une femme.
Depuis fin 1942, ces hommes ont mené dans Paris une guérilla incessante contre les Allemands : ils ont réalisé en moyenne une opération armée tous les deux jours: attentats, sabotages, déraillements de trains, pose de bombes. Leur grand coup d'éclat a lieu le 28 septembre 1943 lorsqu'ils abattent Julius Ritter, responsable du S.T.O. en France et général S.S.
Le 16 novembre 1943 Missak Manouchian doit rencontrer Joseph Epstein (responsable des Francs-Tireurs Français pour l'Ile-de-France) sur les berges de la Seine à Evry Petit-Bourg (Essonne).
Ils seront capturés sur la rive gauche après avoir tenté d'échapper aux policiers en civil lancés à leurs trousses. Ainsi a pris fin l'une des plus grandes opérations de police contre la résistance, notamment la formation militaire des volontaires immigrés d'origines juive, italienne, espagnole, arménienne... dont les faits d'armes, dans la capitale même, furent autant de coups portés au prestige de l'occupant. Ce qui leur valut la colère de Berlin qui exigeait de mettre rapidement les "terroristes juifs et étrangers hors d'état de nuire". Les membres du groupe Manouchian furent condamnés, après un procès de trois jours, le 21 février 1944. Les hommes furent exécutés, le jour même, au Mont Valérien. Les Allemands avaient voulu faire du procès des "Vingt-trois" une entreprise de propagande. La propagande allemande voulant montrer que ces hommes n'étaient pas des libérateurs mais des criminels, des terroristes et des ennemis de la France.
L'affiche rouge :
L'Affiche rouge a été placardée, le 1er mars 1944, par les services de propagande allemands et vichyssois dans toutes les villes et villages de France. On en estime le tirage à plus de quinze mille. L'exemplaire (ci-dessous) des Archives Municipales de Lyon a été arraché d'un mur et en porte les traces. L'affiche veut faire ressortir le poids des attentats. A cet effet, elle ordonne les portaits en une flèche dont la pointe est celui de Manouchian. Les photos de cinq attentats, dont trois attentats ferroviaires, formant la cible. La légende ("Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime !") fait écho au message de libération nationale que cherche à faire passer la Résistance. En dénonçant nomément certains membres du groupe Manouchian, la propagande de la Collaboration vise à discréditer, de façon insidieuse, le combat de la Résistance, lequel serait le fait d'étrangers et de juifs.

Aujourd'hui, un parc (à l'endroit même où eut lieu son arrestation) a été créé par la Mairie d'Évry.

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